La vie ordinaire de Miss Belle-Mère

Parce qu'être une "BM" n'est pas facile tous les jours… mais que parfois la vie recomposée est aussi faite de beaux moments !


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Est-ce qu’il vient toujours un moment où on s’essouffle ?

Des années que je me débats dans ce rôle de belle-mère. Des années que je tente, tant bien que mal (et souvent plus « mal » que « bien »), de prendre sur moi, de faire des efforts, de faire en sorte que tout ça fonctionne bien et que tout le monde (à part moi souvent) soit heureux.

Alors oui, j’ai fini par m’essouffler. Par ne plus avoir envie, du tout, mais alors plus du tout, de faire des efforts. C’est à ce point là que je suis arrivée il y a quelques mois. Au printemps dernier je pense.

Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain, c’est venu progressivement, de manière insidieuse. Progressivement, je n’ai plus eu envie de faire à manger pour qu’on mange « tous ensemble ». Je n’ai plus eu envie d’organiser des sorties. Je n’ai plus eu envie même de dire « bonjour » à ces ados qui de toute façon ne me disaient pas bonjour non plus. En fait, je n’ai plus eu envie de les voir sous mon toit. Et progressivement, je ne me suis plus sentie chez moi. Alors je n’ai plus eu envie de rien faire pour la maison. A part m’occuper de mes enfants, j’ai levé le pied sur beaucoup de choses et me suis réfugiée dans le travail.

Vous le savez, cette maison appartient à Chéri, même si nous l’avons choisie ensemble, que nous avons fait les travaux ensemble et que je l’ai faite à mon goût. Au final, c’est quand même SA maison. Et parfois, même si c’est totalement inconscient, il me le fait bien sentir. En décidant tout seul de bricoles pour lesquelles j’aurais aimé être consultée. Et parfois il me le dit de manière plus claire, notamment quand je râle parce que je trouve PetiteBF affalée sur mon notre son le canapé du salon quand je rentre chez moi alors que c’est une semaine chez sa mère : elle est chez elle autant que moi, voire plus, et je n’ai absolument aucun droit de l’empêcher de venir CHEZ ELLE, et elle n’a pas à me prévenir de sa venue.

L’été dernier, GrandeBF a eu son bac, et elle est partie faire ses études à Paris. Nous n’avons donc plus que PetiteBF, toujours 2 semaines sur 4. Et comme vous le savez, les relations avec elle sont difficiles. Et elles le sont devenues de plus en plus au fil des mois.
Probablement à cause de moi qui me renfermais, bien sûr. C’est une ado chiante, même sa mère ne veut plus la voir, il n’y a que son père qui la supporte. Et moi, et bien j’ai jeté l’éponge. Mais alors complètement. Je ne lui parle (presque) plus, je ne mange plus avec elle (= les semaines où elle est là je ne mange pas le soir à table, je grignote une fois que tout le monde est couché), je fais en sorte de la voir le moins possible (= les semaines où elle est là je me débrouille pour charger à bloc le programme de mon WE, et je travaille comme une dingue les jours de semaine). J’arrive même parfois à ne la croiser que 2 fois 5 minutes en 15 jours de cohabitation. C’est dire ! Chéri me le reproche, il dit que ce n’est pas ça qu’il attendait de moi, qu’il a besoin de quelqu’un pour l’aider à la gérer, que c’est de ma faute si elle est de pire en pire, parce que je la rejette. Alors forcément, les relations ne sont pas au beau fixe entre Chéri et moi.

J’en suis arrivée à me rendre malade quand arrivaient les vendredis où elle devait « rentrer à la maison ». C’était déjà dur avant, c’est devenu une véritable souffrance. Et l’impression de vivre en apnée pendant 2 semaines, en comptant les jours avant qu’elle reparte chez sa mère. Puis, enfin le soulagement de nous retrouver enfin à 4, gâché par toutes les fois où elle vient quand même chez nous manger le midi ou passer après les cours quand elle finissait plus tôt. Le plus souvent je ne le sais même pas, mais quand je le découvre par hasard ça me rend folle, alors que, objectivement, j’étais au bureau et elle ne m’a pas dérangée… mais voilà… j’ai besoin de cette séparation et de semaines où elle ne vient pas. Du tout. Point.

Avec Chéri nous utilisons des agendas partagés Google. Chacun le sien (enfin moi j’en ai un perso et un pour les rdv de boulot), partagés avec l’autre + un agenda « famille » où on met tout ce qui concerne les enfants, la maison etc… Comme ça on y a accès tous les 2, on peut le mettre à jour tous les 2, et c’est bien pratique.
Sauf qu’avant, quand on avait chacun son agenda sur Outlook, on s’envoyait des invitations pour que l’autre soit au courant, et donc je recevais une alerte par mail quand les dates changeaient, et notamment sur le planning des filles. L’air de rien, j’avais l’impression d’être prévenue, et presque même qu’on me demandait mon accord (évidemment dans la réalité je n’avais pas trop la possibilité de dire « non en fait je veux pas qu’elles viennent un jour plus tôt, j’ai pas envie de les voir » parce que ça déclenchait forcément une guerre nucléaire, mais bon). A présent, Chéri change le planning allègrement sans même que je sois alertée. Et quand par hasard, en calant un rdv pro, je découvre que les semaines ont changé ou se sont rallongées (la grande tendance du moment…), j’avoue que c’est plus dur d’avaler la pilule.

Et j’en ai marre. Vraiment. Je ne sais pas si j’ai envie de continuer.

Je n’ai plus l’énergie de me battre, et cette situation est devenue invivable. Depuis des mois j’imagine ma vie sans eux : un joli appart à moi, la liberté, plus de poids dans la poitrine la moitié du temps… même si cela implique de ne plus voir mes enfants que la moitié du temps. Ça me rend terriblement triste de faire ce sacrifice, mais je me demande quand même si je ne serais pas plus heureuse qu’aujourd’hui. Parce qu’aujourd’hui, je n’ai pas peur des mots, je suis malheureuse dans ma vie de famille. Je le sais de manière certaine aujourd’hui, si nous n’avions pas des enfants ensemble, ça fait des mois que je serais partie. Et est-ce que nos enfants sont une raison suffisante pour ne pas partir ?

La dernière fois, j’ai découvert dans le planning, fortuitement donc, que PetiteBF allait passer 3 semaines chez sa mère au lieu de 4 prévues, puis qu’elle allait être chez nous 8 semaines d’affilée ! 8 semaines ! J’ai cru faire une crise cardiaque. Je lui ai envoyé un mail immédiatement, et sans mâcher mes mots. J’ai pris la (mauvaise) habitude de dire vraiment ce que je ressens aussi depuis quelques mois, même si c’est source de nombreuses disputes, comme vous pouvez vous en douter…
Sous l’objet « c’est quoi le délire ? » et à coup de « il est hors de question qu’elle vienne 2 mois à temps plein à la maison » et de « déjà à mi-temps je prends sur moi, mais alors à temps plein c’est niet », j’ai évidemment une eu une réponse assez rapide… Qui finissait, après une série de reproches tous totalement fondés sur le fait que sa fille m’horripile, par « Donc, le plus simple, c’est que tu utilises tes vacances de mai pour déménager ou te faire soigner. Si tu veux partir avant, n’hésite pas. ».
Ambiance…

Depuis une semaine je dors dans la chambre d’amis. J’ai dit à Chéri que j’allais partir, que je cherchais un appartement. Ce n’est pas complètement faux, je regarde les annonces, mais en même temps je ne sais pas si je suis sûre de vouloir prendre cette décision irréversible, pour notre couple et pour nos enfants.
Il veut que nous trouvions une solution. En fait il me demande de lui proposer une solution. Et je n’en vois qu’une : que sa fille parte vivre chez sa mère ou en internat, et peut être aurais-je à nouveau la force et l’énergie de supporter ce rôle de BM si elle est là moins souvent. En même temps je me suis toujours interdit de demander à Chéri de choisir entre ses filles (en l’occurence sa fille) et moi (en l’occurence + nos enfants). Donc je me refuse à lui proposer cette solution.
La discussion n’est pas très efficace du coup, il trouve stupide que je le quitte « simplement parce que [je] ne suis pas capable d’avoir une attitude normale avec [sa] fille ». Il m’a même dit que si je le quittais, alors il voulait que je disparaisse totalement, il ne voulait plus jamais me voir, ni moi ni les enfants. Et que quand ils seraient grands il les retrouverait pour leur expliquer sa version de pourquoi j’avais gâché leur vie… Et aussi qu’il ne me donnerait rien, pas un sou, et de bien profiter de la chambre d’amis parce que dans mon 20m² je serais un peu plus à l’étroit… Ce ne sont que des menaces pour que je ne le fasse pas, je le sais, mais c’est quand même dur à entendre.

Je ne sais pas comment ça va finir… mais ça va probablement se dénouer dans les prochains jours.

Pour en revenir au titre de cet article, je sais qu’il n’est pas très optimiste, mais je me demande quand même s’il y a des BM qui arrivent à tenir dans la durée. Mais genre vraiment. A lire vos commentaires, et en prenant du recul sur ma propre expérience, j’ai quand même l’impression que, partant pleines de bonne volonté, nous sommes nombreuses à nous essouffler et à jeter l’éponge. A cesser/diminuer d’une manière ou d’une autre notre implication auprès de ces enfants qui ne sont pas les nôtres, sans pour autant jeter le chéri avec l’eau du bain. Même si parfois c’est comme ça que ça finit. Et alors on se dit quand même que toute cette énergie, tout cet investissement en temps qu’on a fait dans cette histoire, c’était quand même un peu du gâchis… Même si elle m’a permis d’avoir les plus beaux enfants du monde (oui oui, j’essaye quand même de finir sur une note positive !).


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Bientôt… promis… je vous donnerai des nouvelles

Tellement longtemps que je n’étais pas venue ici. Trop dur…

Et aujourd’hui j’en ai ressenti le besoin, et j’ai lu tous vos commentaires depuis 1 an. UN AN !
Vous m’avez fait tellement de bien. Et je suis tellement heureuse de lire que, moi aussi, je vous ai fait du bien, je vous ai offert un espace de discussion, je vous ai déculpabilisées.

Ça m’a touchée (énormément) aussi de lire vos commentaires qui me demandaient de donner des nouvelles. Aujourd’hui je n’en ai pas la force, mais promis, bientôt, je vous raconterai tout. Pas sûr que ça vous donne de l’espoir et que ça vous rassure, mais bon…

En tout cas je suis toujours en vie, c’est déjà une bonne nouvelle, non ? 🙂

A très vite.


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J’ai presque gagné, mais en fait non

Mardi 3 septembre, jour de rentrée.

J’ai « gagné », les filles sont chez leur mère cette semaine. Oui, je le redis et je l’assume, je n’avais pas envie de les avoir chez nous cette semaine. Parce qu’elles ne font aucun effort, parce qu’elles se prennent pour le centre du monde, parce que ce sont des filles-à-papa qui exigent 100% de son attention quand elles sont là, parce qu’elles étouffent l’existence de PetitPrince et PetiteSirène. Parce que comme les 2 petits ont leurs 2 parents sous le même toit, il me revient trop souvent de m’en occuper seule quand les grandes sont là. Et que je voulais que Chéri soit présent pour la 1ère rentrée de son fils.
Parce que oui, ils sont tous les 4 ses enfants, mais que quand ils sont tous là il n’y a aucune équité. Et pour répondre en passant au débat suscité dans les commentaires (je n’ai pas le temps de répondre à chacun individuellement, mais merci à toutes pour vos messages), quand PetiteSirène rentrera en maternelle, PetitPrince ne sera évidemment pas envoyé chez ses grand-parents. Ce jour-là il fera son entrée en CP, dans l’école primaire qui jouxte la maternelle. Tous les 2 auront droit d’avoir leurs parents avec eux (enfin… au moins moi…), et tous les 2 auront droit à la parole à la sortie des classes. De manière équitable. Ce qui n’aurait jamais été le cas avec les grandes. Voilà tout le problème.

Donc elles ne sont pas là. Et déjà, ce changement de planning avait un goût amer tant il avait suscité de disputes, et tant Chéri ne l’avait toujours pas digéré.
Mais malgré cela, la rentrée ne s’est pas vraiment déroulée comme je le souhaitais…

8h20 : PetitPrince arrive à l’école maternelle, tout fier et un peu angoissé quand même, tenant fermement par la main ses deux parents. Jusque là, tout va bien.
8h30 : nous sommes dans la classe de petite section, la maîtresse et l’Atsem nous accueillent, tous les enfants et tous les parents (dont beaucoup de couples venus à 2) découvrent la grande salle, les jeux, les différents espaces. Les enfants prennent leurs marques. PetitPrince commence à jouer à la dinette.
8h35 : Chéri me dit que ça ne sert à rien de rester tous les 2, qu’il va m’attendre dehors. Soit…
8h40 : je reçois un texto me disant qu’il rentre à la maison, parce que ça sert à rien qu’il attende dans le couloir. Voilà. La rentrée de son fils a duré 20 minutes (et encore je compte large).
9h30 : je rentre à mon tour à la maison, après une séparation plutôt bien gérée, sans pleurs. Même pas la boule au ventre. Un peu agacée que Chéri ait filé à l’anglaise si vite, mais c’est tout. Et là, je découvre GrandeBF dans mon salon, en grande discussion avec Chéri. Va savoir pourquoi elle est passée chez nous avant d’aller au lycée ! Mais je comprends mieux pourquoi Chéri était si pressé de quitter l’école maternelle…
Je change la couche de PetiteSirène (qui était restée avec JFAuPair, puisque je ne voulais pas l’avoir dans les jambes pendant la rentrée de son frère, comme quoi on y revient…), et je la mets dans la voiture pour l’emmener à la crèche.
9h35 : Chéri et GrandeBF sortent de la maison, et Chéri m’annonce qu’il l’accompagne jusqu’à l’arrêt de bus. Il l’accompagne à l’arrêt de bus au bout de la rue ! A bientôt 17 ans ! Je n’en reviens toujours pas. Bref, je pars derrière eux en voiture, direction la crèche, et je les vois marcher, main dans la main, arrivant à l’arrêt de bus. Main dans la main ! A bientôt 17 ans ! Le jour de sa rentrée en terminale !
10h : je suis de retour de la crèche, Chéri est revenu dans le salon. Je lui fait remarquer qu’on n’accompagne pas sa fille de 17 ans à l’arrêt de bus pour sa rentrée en terminale, en lui donnant la main. Il me dit qu’elle en avait besoin, qu’elle a pleuré parce qu’elle avait pas de copines. OK, donc mon fils de 3 ans et demi n’a pas pleuré, mais la grande si. Mais où va le monde ? Je lui dit que s’il la laissait grandir un peu, ça lui ferait pas de mal. Ca l’énerve. Je lui fais alors remarquer qu’il a passé 5 minutes dans la classe avec son fils, alors qu’il va encore passer 2h avec GrandeBF ce matin, et 2h30 avec PetiteBF. Que de toute façon il s’en fout de la rentrée de notre fils en maternelle. Je lui demande de se souvenir de la rentrée de GrandeBF en maternelle, et s’il s’était tiré comme ça au bout de 5 minutes. Il argumente sur le fait qu’il y avait trop de monde dans la salle, que des conneries. Je reste calme, je sais que j’ai raison. Il s’énerve de plus en plus, il sait qu’il a tort, il sait qu’il fait des différences entre ses enfants mais ne l’assume pas. Il finit par hurler et par balancer un coup de pied dans mon bureau, qui se casse sous le coup. Je le mets dehors de mon bureau, calmement mais fermement, et je m’enferme pour qu’il ne revienne plus.
10h15 : de toute façon, il part à son tour pour le lycée, pour se rendre à la réunion parents-profs de GrandeBF, qui durera de 10h30 à 12h30 (elle commençait à 10h pour la partie emploi du temps, liste des profs etc, puis c’est avec les parents qu’ils rencontrent chaque professeur).
11h20 : c’est donc toute seule que je vais chercher PetitPrince à la fin de la matinée. Sur le trajet du retour, il me raconte un peu ce qu’il a fait, il connait déjà le prénom de la maîtresse et de l’Atsem, il a l’air content, je suis contente.
12h45 : Chéri est de retour. J’ai fini mon déjeuner, mais PetitPrince est à la moitié de son assiette. Je n’avais pas envie de manger avec Chéri (ni de lui parler ni de le voir), alors je me suis débrouillée pour que PetitPrince puisse manger un peu avec moi, puis avec son papa. Comme ça il aura passé 15 minutes avec lui dans la journée et aura pu lui raconter un peu sa matinée.
14h : PetitPrince est couché pour la sieste, il ne va pas à l’école cet après-midi à la demande de la maîtresse (elle préfère qu’on commence doucement la première semaine, pour les parents qui le peuvent), il reste avec moi. Chéri, lui, part au collège cette fois, pour la réunion de rentrée de PetiteBF, qui durera de 14h30 à 17h.

Voilà une rentrée qui gardera un goût plus qu’amer. Et on aura beau dire ce qu’on voudra, non, ce n’est pas pareil dans une famille normale avec 4 enfants.


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Bientôt la rentrée (#2)

Après avoir découvert fortuitement que le tout récent planning 2013-2014 prévoyait que nous ayions les filles de Chéri pour la semaine de la rentrée,
après en avoir conclu qu’elles allaient encore monopoliser l’attention et la parole pendant toute la journée et les 2 repas (midi + soir) de ce prochain mardi 3 septembre, qui est également le jour de la première rentrée en maternelle de mon fils,
après avoir osé demandé à Chéri de modifier le planning pour qu’elles soient chez leur mère ce jour-là,
après avoir eu droit en retour à une belle dispute, agrémenté de la charmante réplique « De toute façon tu voudrais qu’elles soient jamais là mes filles, tu voudrais qu’elles disparaissent j’ai bien compris. Mais pendant quelques années elles seront encore là, et c’est comme ça, tu vas devoir faire avec ! ».

Bref, après tout ça, j’ai refusé de laisser passer. Cette fois, je ne voulais pas lâcher le morceau comme je le fais presque toujours.
Parce que oui, je tenais absolument à offrir à mon fils une rentrée sereine, dans le calme, et avec ses 2 parents autour de lui.

Alors je suis revenue à la charge 1 fois, 2 fois, 3 fois…
A chaque fois avec la boule au ventre à l’idée que ça allait déclencher une nouvelle dispute. Mais à chaque fois plus déterminée parce que, merde, j’en ai marre qu’il fasse comme si de rien n’était et qu’il compte toujours sur le fait que je laisse tomber.
En plus, je savais que le temps jouait contre moi : à chaque instant pouvait arriver un mail de MadameEx validant le planning proposé par Chéri, rendant alors plus compliqué le fait de faire des modifications de notre côté. Et Chéri le savait aussi, alors il laissait traîner, espérant que le sujet se réglerait comme ça et qu’après je ne pourrais plus rien faire, et ça m’énervait encore plus.

La 1ère fois c’était 2 jours après notre dispute initiale. Un moment de calme, tous les 2 dans la cuisine, je prends le planning affiché sur le frigo, et je lui demande calmement pourquoi on ne pourrait pas inverser les 2 premières semaines, parce que, vraiment, ça serait plus simple de pas avoir tout le monde le jour de la rentrée. Il s’est braqué, et m’a répondu que je ne me rendais pas compte à quel point c’était compliqué de faire ce p***** de planning avec toutes les contraintes, et que si ça m’amusait je n’avais qu’à essayer de le reprendre et de lui faire une proposition.

La 2ème fois, c’était donc le lendemain, par mail : je lui ai envoyé 2 propositions de planning, avec quelques explications. Oui c’était compliqué de tout concilier (que les filles soient avec nous le jour de l’anniversaire de Chéri et celui de la Fête des Pères, avec leur mère le jour de son anniversaire et de la Fête des Mères, mais également chez le bon parent pour les anniversaires de grands-parents ! plus les vacances scolaires à couper en 2 alors qu’on alterne sur 15 jours, et le problème de Noël etc). Mais j’avais presque réussi à tout faire fonctionner. Presque. Il fallait alterner sur 1 semaine pendant les 3 premières, ou bien avant et après les vacances de Noël, pour que ça marche.
J’ai demandé à Chéri quelques heures plus tard s’il avait reçu mon mail. Il m’a juste dit « oui, mais j’ai pas eu le temps de regarder ». Et plus de nouvelles ensuite. Il jouait la montre, c’était clair.

La 3ème fois, c’était vendredi. Soit 2 jours plus tard. Un nouveau moment de calme, il est de bonne humeur (en fait, en gros c’est soit je choisis un moment où il est de bonne humeur, ça passe mieux, mais je sais que ce sera fini de la bonne humeur pour le reste de la journée, donc faut être prête à ce sacrifice, soit je choisis un moment où de toute façon on se fait déjà un peu la tête mais je prends le risque de ne pas être écoutée ni même entendue…). La discussion a donné à peu près ça :
– « Au fait, tu en es où de la modification du planning pour la rentrée ? »
– « Pourquoi ? C’est urgent ? »
– « Ben c’est juste que si MadameEx te valide le planning comme ça, après ce sera plus compliqué de modifier » (oui j’ai joué cartes sur table, pour bien lui montrer que je connaissais très bien les conséquences du temps qui passe)
– « De toute façon j’ai pas compris ton problème. C’est toute la semaine ou bien juste le mardi midi qu’il faut que mes filles soient pas là ? »
– « Pas forcément toute la semaine, mais au moins toute la journée de mardi, y compris mardi soir » (là je croyais avoir fait un grand pas, genre je lui demandais pas trop quoi)
– « Ah oui donc le soir aussi ? Je croyais que c’était le repas du midi que tu voulais. S’il faut aussi qu’elles soient pas là le soir c’est pas pareil ! » (hum… bon, faut pas lâcher le morceau là)
– « Je veux qu’on puisse être tous les 2 disponibles pour PetitPrince pour sa rentrée, quand il rentrera le midi mais aussi le soir. C’est important, c’est sa première rentrée en maternelle ! Rappelle toi les premières rentrées de tes filles…. j’imagine que tu étais 100% disponible pour elles hein ?…. Et tu sais aussi bien que moi comment ça va se passer sinon. »
– …
– « Et puis même pour elles c’est mieux : elles seront avec leur mère qui sera entièrement dévouée à écouter le récit de leur rentrée, alors qu’ici tu voudrais quand même écouter PetitPrince, donc tu essayerais parfois de lui donner la parole, et elles se sentiraient moins importantes »
– …
– « Et si tu veux leur consacrer la journée du mercredi, pour avoir le compte-rendu de la rentrée, la liste des profs, celle des élèves de leurs classes et celle des fournitures à acheter, y a pas de problème. Je m’occuperai des petits ce jour-là. Donc elles peuvent très bien rentrer chez leur mère le samedi d’avant comme prévu, y faire la rentrée, puis revenir chez nous du mercredi au vendredi pour que tu les aies aussi cette semaine là, et ensuite on enchaine sur ton planning normal »
– « Bon, et il faut que je m’en occupe dans la minute là ? J’arrête tout ce que je suis en train de faire ? » (on était en train de monter tous les 2 le placard du futur studio de JFAuPair)
– « Non, pas dans la minute. Mais quand on a fini le placard ce serait bien ».

Voilà, c’était il y a 3 jours, et je n’ai pas eu de nouvelles depuis. A la fin de la discussion j’ai pourtant eu l’impression que c’était bon, qu’il était d’accord.
Et entre temps il est parti en vacances avec ses filles (et un copain de PetiteBF…). Alors je sais très bien ce qui va se passer : il va demander à GrandeBF l’autorisation de changer le planning, parce que « Miss Belle-Mère ne veut pas que vous soyiez là le jour de la rentrée, tu comprends« . Comme il a fait pour Noël (mais ça fera l’objet d’un autre article). A chaque fois il lui demande son autorisation. Bref, au final elle va probablement dire oui, et il lui sera extrêmement reconnaissant de sa compréhension (quelle fille extraordinaire etc), elle en gardera une rancoeur envers moi, et lui m’en voudra aussi de lui avoir imposé tout ça. J’aurais probablement réussi à obtenir une soirée tranquille pour la rentrée de mon fils, mais à quel prix ?

En attendant, nous n’avons pas parlé en détail de l’organisation de la journée, et je suppose qu’il voudra quand même se rendre aux réunions parents-profs pour ses filles, et qu’il ne sera donc pas vraiment, complètement, entièrement disponible pour la rentrée de PetitPrince. Mais sera-t-il jamais un père normal pour nos enfants ? Passeront-elles toujours avant ? Dois-je vraiment attendre qu’elles quittent la maison pour espérer un semblant de vie normale ?